Parce que je vais vous manquer pendant un an, parce qu'il va y avoir des moments à immortaliser, des tonnes de choses à vous faire partager et parce que j'aime par-dessus tout raconter ma vie !
Samedi dernier, petite sortie organisée par une association étudiante (AEGEE) à destination de Guadix, Alicún et Alquife, trois villages pas très loin de Grenade. Programme de la journée : visite d’habitations troglodytes et de la cathédrale à Guadix, sources d’eaux chaudes et aqueducs naturels à Alicún et visite guidée de mines à ciel ouvert à Alquife.
Départ de l’appart’ à 7h20 pour aller vers le lieu de rendez-vous (en face de la boîte qui s’appelle la Mae West) à environ 30min à pied de chez moi. Le bus partant à 8h, j’ai de la marge. Je passe devant la fac pour voir si je rencontre Karo en chemin, mais non. Je me dis qu’elle doit déjà être devant la Mae et je presse le pas (j’adore cette expression) parce qu’il fait pas super chaud… De loin, j’aperçois un groupe de jeune qui font le pied de grue sur le trottoir, je m’approche et demande s’ils attendent bien le départ pour Guadix. Ô miracle, c’est bien ça, je ne me suis pas trompée…mais pas de Karo à l’horizon. Je me pose sur un banc et j’attends (quoi de mieux à faire ?). Quand ma montre marque 8h, je commence à m’inquiéter : toujours pas de Karo ! Et je la vois arriver quelques minutes plus tard, essoufflée : elle s’est rendormie après que son réveil ait sonné. 10 minutes plus tard, le groupe s’ébranle et on commence à monter dans le bus, en présentant notre ticket de réservation pour qu’ils puissent faire l’appel. Une fois installées, on se dit qu’on va pas tarder à partir, mais on se trompe. Comme 8h20 passent, notre accompagnateur fait une annonce au micro : on attend 3 filles qui sont dans un bus pour venir ici, mais qui pensaient que l’heure de rendez-vous était 8h30 au lieu de 8h. Bons et généreux que nous sommes, on décide de les attendre. Mal nous en a pris puisqu’elles se sont pointées à presque 9h, tout sourire. Bref, ce petit incident réglé nous voilà enfin partis !
En chemin, notre guide nous fait remarquer qu’en quittant Grenade, le ciel était particulièrement nuageux, mais que de ce côté-ci des montagnes, il est beaucoup plus dégagé : la Sierra Nevada fait rempart et les nuages se heurtent à cette barrière naturelle ou se crèvent à son sommet sans pouvoir la franchir vraiment. Et ça se ressent au niveau du paysage qui est plutôt du genre désertique. Par moments, on se croirait en Arizona, dans la région du Grand Canyon.
Il nous faut moins d’une heure pour parcourir le chemin de Grenade à Guadix. Le bus nous dépose à proximité de la cathédrale et on y monte à pied. A l’extérieur, notre guide nous fait un petit topo sur l’architecture particulière de l’édifice. En gros, c’est un mélange de plusieurs styles architecturaux : construite à la place de la Grande Mosquée de la ville, sa construction s’est étalée sur 3 siècles (du 16ème au 18ème). On retrouve donc des caractéristiques du gothique, du baroque et du style Renaissance.
Après cette petite explication, on entre enfin dans la cathédrale pour en ressortir moins d’une minute plus tard : « Il y a une messe, en ce moment, on reviendra tout à l’heure. »
On repart et notre guide nous emmène faire un tour dans la ville. De loin en loin, on fait de petites pauses culturelles. Puis on retourne à la cathédrale. On fait un p’tit tour au cours duquel le guide attire à nouveau notre attention sur certaines caractéristiques des différents bâtiments devant lesquels on passe.
Puis, retour à la cathédrale (la messe est finie) pour la visiter. En résumé, c’est un bel édifice, tant de l’extérieur que de l’intérieur (architecturalement parlant, parce qu’au niveau religieux…faut aimer, quoi). Par contre, une chose nous a tous choqués : la nef est bordée de petites alcôves qui abritent divers objets, icônes, statues, etc. Comme ces petites pièces sont très sombres, il y a des spots pour en éclairer l’intérieur. Mais le problème, c’est qu’il faut payer pour les allumer ! On introduit une petite pièce et pouf, ça s’éclaire ! Mais ça ne dure que quelques minutes. Après, tout redevient sombre et on ne voit plus rien. Je suppose que c’est la notion d’économies d’énergies de l’Eglise en Espagne… Après avoir parcouru l’église en long en large et en travers, on est allés dans une espèce de petit musée qui se trouve à l’intérieur du bâtiment. Au premier étage : des peintures religieuses (avec des cadres très moches, accessoirement), et au sous-sol, toutes sortes de reliques et quelques vêtements de prêtres.
Une fois notre petit tour terminé, on se dirige vers le quartier de las Cuevas, c’est-à-dire des maisons troglodytes. Jolie balade pour monter jusque là-haut, avec une très jolie vue. Une question subsiste cependant : comment les maisons font-elles pour rester aussi immaculées ? C’est vrai, quoi ! Avec toute la poussière qu’il y a, elles sont toujours impeccables ! Enfin bref, passons. Le chemin est ponctué de quelques pauses photos puis d’une mini course pour rattraper le reste du groupe (comme on est en retard, le guide ne s’arrête pas, sauf pour nous faire remarquer quelque chose ou répondre à une question) et on arrive enfin devant le musée qui reconstitue une véritable Cueva de l’époque (quelle époque, on n’a jamais su, mais il paraît qu’elle n’est « pas si lointaine »).
Petite minute culturelle :
Typiquement, la maison troglodyte a des murs blanchis à la chaux, une cheminée pour l’aération et conserve une température à peu près constante comprise entre 18 et 20°C, été comme hiver. Leur origine remonte au XVIème siècle, lorsque les Maures ont été expulsés d’Espagne après leur défaite : ils se sont alors réfugiés dans ces grottes-maisons.
Généralement, les pièces étaient construites en enfilade, sans portes (des rideaux faisaient office de séparation) et face aux différentes ouvertures de la façade extérieure (à savoir la porte d’entrée et la ou les fenêtres), afin de profiter d’un maximum de luminosité.
Guadix abrite le plus grand quartier troglodyte d’Europe.
Le musée était bien fait, mais ça faisait vraiment trop musée, trop exposition d’objets et j’ai trouvé ça dommage. Par contre, un ami de Karo (Pierre-de-Lyon-3) s’est un peu attardé en chemin et a perdu le groupe. Comme il ne trouvait pas le musée, il a demandé à un habitant qui lui a proposé de lui faire visiter sa (vraie) maison. Et effectivement, ça fait beaucoup moins artificiel…
Normalement, à ce stade-là de l’expédition, on aurait dû avoir du temps libre, mais comme on avait du retard sur le planning prévu, cette partie est un peu passée à la trappe.
Retour au bus donc, et départ pour Alicún où on va pique-niquer. Je dirais bien qu’Alicún est une riante petite bourgade…mais y a rien. C’est juste une station thermale. C’est tout. Quand on est arrivés, on s’est garés en face de l’hôtel, le guide nous a signalé qu’on pouvait aller acheter des sandwiches au restaurant de ce même hôtel et que la source d’eau chaude dont il nous avait parlé (36°C) se situait un peu plus bas. Jeunes et innocents que nous sommes, nous sommes donc allé acheter des sandwiches à l’endroit indiqué…pour nous rendre compte que c’était méga-supra-hyper cher ! Mais comme c’était ça ou rien, on a allongé la thune sans (trop) rechigner. Sandwich au bacon en ce qui me concerne. Et j’ai eu droit à du vrai bacon anglais grillé ! Miam ! Trop bon (en même temps, à 4€, il pouvait l’être !) ! On a mangé sur un petit terre-plein avec une super vue sur la vallée, mais battu par les vents. Notre repas terminé, on a voulu descendre voir les sources d’eau chaude. Mais une fois en bas, on s’est vite rendu compte qu’elles étaient plutôt du genre inaccessible et qu’il fallait maîtriser plus ou moins la descente dans les rochers abrupts pour pouvoir arriver en bas. Après avoir fait plusieurs explorations pour voir s’il n’y avait pas un autre moyen, on a laissé tomber l’idée d’aller se baigner. On est remonté vers l’hôtel où une rivière artificielle coulait. L’eau était tiède (pas à 36°C, loin de là) et Karo et quelques autres étudiants y ont trempé les pieds.
Puis le moment est venu d’aller voir les aqueducs et les dolmens. Notre guide nous appelle, on se rassemble tous devant le restaurant de l’hôtel et on se rend compte qu’il manque plusieurs étudiants. On attend un moment, mais comme personne ne vient et qu’on est un peu à la bourre, notre guide décide de faire la visite sans eux. Ils nous retrouveront plus tard au bus.
Résumé express de la visite :
Les dolmens étaient tous enfouis dans le sol, parce que ce sont en fait d’anciennes tombes, donc rien de vraiment très impressionnant. Pour les aqueducs, on cherchait tous une ruine de pont ou quelque chose dans le genre jusqu’à ce que le guide nous explique que ce sont des aqueducs naturels : à cet endroit, l’eau est salée, et en coulant, elle dépose du sel qui forme alors une sorte de canal. Et comme il y a généralement des plantes qui poussent sous ces aqueducs (qui sont tous en hauteur), le sel les fossilise et ça donne quelque chose comme ça :
La seule plante capable de résister à tant de salinité est une variété de lichen qui ressemble à ça et qui pullule dans les environs d’Alicún :
Mais bon, une fois qu’on a vu un aqueduc, on les a tous vus. L’autre avantage de cette visite aura été de nous faire évoluer dans des paysages magnifiques et grimper un peu dans la montagne pour nous permettre de surplomber toute la vallée. Sublime !
Notre petite marche dans la montagne terminée, on retourne au bus, et là, on retrouve les étudiants manquants de tout à l’heure. On monte, on s’installe et on se rend compte que deux personnes sont toujours manquantes à l’appel : Pierre-de-Lyon-3 et son copain. Karo essaye d’appeler Pierre mais comme on est légèrement paumé, il n’y a pas de réseau. On attend, le chauffeur du bus klaxonne, le guide appelle, etc. Au bout de 10 bonnes minutes, on les voit arriver en courant. Pierre nous explique qu’ils sont allés se baigner dans les sources d’eau chaude et que quand ils sont remontés, ils ne nous ont pas vus. Ils étaient avec 4 autres étudiants et ils ont tous décidé de nous rattraper. Sauf qu’ils sont partis sur la route au lieu de couper à travers champs comme on l’avait fait. Ils ont marché un bon moment et comme ils ne nous voyaient toujours pas, ils ont décidé de retourner au bus pour nous y attendre. Mais ils avaient marché tellement loin que ça leur a pris longtemps de revenir.
Ce petit incident réglé, nous voilà repartis pour la 3ème et dernière étape du programme : les mines à ciel ouvert d’Alquife.
Comme on est vraiment à la bourre, on ne peut pas faire la visite guidée, donc on se contente d’admirer la vue, qui, une fois de plus, vaut le détour. Au centre du terrain, il y a un grand lac artificiel entouré par une montagne, elle aussi artificielle.
Quelques petites précisions sur les mines, quand même : il s’agit des plus grandes mines à ciel ouvert d’Europe et jusqu’à la fin du 20ème siècle, elle produisait 40% du fer du pays.
Quand on est arrivés là-bas, il y avait un vent à décorner les bœufs et on ne s’est pas vraiment attardés. Juste le temps de s’extasier et de prendre quelques photos. Puis on est rentrés à Grenade.
- The End -
(Oui, je sais, je suis à la bourre dans mes articles, mais je vais rattraper ça !)