Parce que je vais vous manquer pendant un an, parce qu'il va y avoir des moments à immortaliser, des tonnes de choses à vous faire partager et parce que j'aime par-dessus tout raconter ma vie !
Le jeudi matin, on se lève tôt car le programme de la journée est relativement chargé. Départ de l’auberge vers 8h30 pour St Patrick’s Cathedral. Comme on est partis tôt parce qu’on ne savait pas combien de temps le trajet allait nous prendre, quand on arrive à la cathédrale, elle est encore fermée. On a donc laaaaaargement le temps de prendre des photos du bâtiment lui-même et de tous les auteurs irlandais qui ont une plaque dans le parc qui entoure la cathédrale. L’avantage c’est que le soleil se montre et qu’il ne fait pas trop froid, comparé à la veille, donc on profite aussi des quelques rayons matinaux. A 9h00, les portes de la cathédrale s’ouvrent et on peut enfin rentrer. On passe plus d’une demie-heure à flâner sous les voûtes, à admirer les différentes représentations de Saint Patrick, les plaques en hommage à Jonathan Swift qui a été doyen de la cathédrale de 1713 à 1747 et s’y est fait enterrer. Puis un curé s’approche de nous et nous explique qu’il va y avoir un office et qu’il faut qu’on arrête de prendre des photos. On range donc les appareils et on s’éloigne vers la « boutique-souvenir », à l’entrée. Quelques minutes plus tard, une dizaine de gamins entrent dans la nef et se dirigent vers le choeur d’un air solennel. Un petit garçon sort une clé et ouvre la porte en fer forgé qui interdit l’accès à tous les touristes avides de ph otos puis les enfants s’installent. Tout ça se déroule dans le silence le plus complet. Une fois disposés en demi-cercle, un prêtre se place en face d’eux et les fait chanter.
Pendant ce petit « concert », on erre parmi les mini rayonnages de la « boutique-souvenir » à l’entrée de l’église : on critique les prix (en bons étudiants que nous sommes), on s’extasie (en bons jeunes que nous sommes), on câline les peluches (en bonnes filles que nous sommes… enfin sauf Simon, parce que lui, c’est pas une fille.) mais pas trop fort pour pas déranger les petits qui chantent. On a même découvert qu’on pouvait fabriquer notre propre jeu de carte dublinois avec au verso les portes du quartier georgien étant donné qu’on les a TOUTES prises en photo…
Bref, on quitte ensuite l’église pour aller visiter le musée Dublinia, divisé en trois parties : deux qui présentent l’histoire de la capitale irlandaise pendant la période viking et le Moyen Âge, et une troisième consacrée aux fouilles archéologiques et autres recherches/découvertes qui ont permis de connaître le passé de Dublin. C'est un musée très ludique avec tout plein de petits jeux pour les enfants, auxquels on s'est fait un plaisir de participer, en grands gamins que nous sommes.
A la fin de la visite, après la boutique de souvenirs, un employé ouvre une grande porte en bois derrière laquelle se trouve une sorte de passerelle qui relie Dublinia à Christ Church. Encore une fois, notre déambulation est interrompue : un office de 3 minutes va être donné et nous sommes tous invités à l’écouter. N’ayant pas vraiment mieux à faire, on s’installe donc face à la chaire et le prêtre prend la parole. Il fait un petit speech sur la paix et la tolérance puis nous invite à « prier chacun notre propre dieu, dans notre propre langue ou tout simplement, pour les non-croyants, à se recueillir un instant ». A la fin du « Notre Père », il vient serrer la main à chacune des personnes de l’assistance en nous adressant un simple « May the peace be with you. »
Après ce petit intermède, on sort de l’église pour la pause pique-nique. Heureusement, le soleil a décidé de se montrer aujourd’hui et on peut s’asseoir sur les bancs adossés à l’église sans mourir congelés.
Notre festin terminé, et Jane nous ayant rejoints (elle était partie à la recherche de quelqu’un susceptible de réparer la fermeture éclair de sa botte), on se met en route pour Dublin Castle.
Là-bas, on apprend que c’est une visite guidée et qu’il faut qu’on attende une bonne demie-heure que la suivante commence. L’attente est…révélatrice de notre état de fatigue.
Finalement, notre guide, répondant au nom de Ben, arrive et nous invite à le suivre pour commencer la visite. Point positif : Ben n’a pas l’accent irlandais (enfin pas trop, quoi) et il agrémente son commentaire de petites anecdotes ma foi fort cocasses, ce qui rend la visite beaucoup plus intéressante qu’elle ne l’est déjà.
Parmi ces anecdotes, retenons celle des mini-paravents que les dames utilisaient lorsqu’elles s’asseyaient près de la cheminée : à l’époque (de la reine Victoria, entre autres), il fallait que les femmes aient le teint le plus pâle possible. Elles utilisaient donc de la cire qu’elles s’appliquaient sur le visage pour paraître plus blanches. Le problème c’est qu’en hiver, il faisait froid dans le château et les dames s’asseyaient donc près du feu, ce qui faisait fondre la cire ! Pour éviter cela, elles disposaient, entre le feu et leur visage, ces mini-paravents.
Retenons aussi celle de la table en marqueterie (ça se dit, ça ?) fabriquée par un prisonnier condamné à mort. Il l’a offerte à la reine Victoria en espérant être gracié, mais la reine a trouvé la table « offensante » : on peut en effet apercevoir une forme de danseuse avec une robe « beaucoup trop courte » pour l’époque, et d’autres formes ressemblant à des démons. L’homme a donc été condamné quand même, mais la reine a gardé la table.
A la fin de la visite, on va faire un p’tit tour dans la chapelle qui s’avère être extrêmement petite mais très mignonne puis on se dirige vers les « jardins » qui consistent en fait, en une grande pelouse où les allées pavées sont en forme de serpents.
A côté des jardins, se trouve la Chester Beatty Library qui est plutôt du genre gonflant puisqu’il s’agit d’un musée qui présente une collection de vieux manuscrits, de peintures, gravures et impressions diverses et d’art décoratif (vases et compagnie). Mais dans la petite boutique du bas, on a tous eu droit à un livre gratuit à choisir parmi trois : un livre sur Rembrandt, un sur Dürer ou un sur l’art asiatique.
Notre bouquin gratuit en poche, on reprend notre route en direction de la mairie de Dublin, qui présente une exposition sur l’histoire de la ville de 1170 à aujourd’hui. Mais quand on arrive, la gentille madame de la réception nous explique, avec un accent irlandais à couper au couteau et un défaut de prononciation dû à sa dentition proéminente, qu’il est trop tard. Il y a une erreur sur notre guide : les dernières admissions se font à 16h15 et non pas à 17h…puisqu’il s’agit de l’heure à laquelle l’exposition ferme ses portes. On râle un peu pour la forme, mais on sait tous très bien que la brave dame n’y est pour rien et que ce n’est pas de sa faute. On lui fait tellement de peine qu’elle nous autorise à avancer un peu dans le bâtiment pour prendre quelques photos, mais on est quand même bons pour revenir le lendemain…
De retour à l’auberge, on se fait inviter à la tournée des pubs de Temple Bar par les Anglais qui partagent la chambre de Jane, Marion, Tania et Charlotte. On renfile donc nos manteaux et on se met en route. Pas vraiment de tournée des bars pour moi puisqu’une fois arrivée devant le pub, je me rends compte que j’ai perdu une boucle d’oreille et je décide de rentrer à l’auberge voir si elle n’y est pas (ou si je la trouve en chemin). Audrey, Simon et Julie insistent pour venir avec moi et sont donc privés de Temple Bar eux aussi. Tout ça pour ne pas retrouver ma boucle d’oreille (en plus du clafoutis !). Bref, la soirée s’achève et on va tous se coucher plus ou moins tôt parce qu’on se lève encore à l'aube le lendemain.
To be continued…