Parce que je vais vous manquer pendant un an, parce qu'il va y avoir des moments à immortaliser, des tonnes de choses à vous faire partager et parce que j'aime par-dessus tout raconter ma vie !
Hier avait lieu notre toute première réunion en tant qu’étudiant(e)s Erasmus. 11h30, à la Facultad de Medicina. Avant ça, Mélanie devait aller à la poste (avant 10h) pour récupérer sa carte SIM espagnole. Donc Antonio nous a gentiment escortées jusque là-bas (heureusement, sinon, on serait jamais arrivées à temps, vu l’heure à laquelle on est partis) et en chemin, grand étonnement : les magasin étaient tous fermés. C’est seulement en approchant de la Poste que ça a commencé à bouger un peu : les rideaux se levaient, les vendeurs rangeaient, nettoyaient, etc. Les magasins n’ouvrent que rarement avant 10h, en Espagne.
Une fois à la Poste, Mélanie donne sa carte d’identité à la gentille madame qui part farfouiller dans une caisse à la recherche de l’enveloppe. Elle revient en nous disant qu’elle ne la trouve pas… Mais comme on insiste en disant que normalement, elle doit être là puisqu’elle ne doit pas être renvoyée avant 10h, elle appelle son collègue qui trouve l’enveloppe.
On quitte donc la Poste pour se rendre au Mercadora (un supermarché) au-dessus de chez nous, histoire de faire 2-3 petites courses (genre, gel douche, shampooing, bouffe, etc.).
Là encore, plusieurs surprises nous attendent : déjà, après avoir passé la grande porte du magasin, il faut monter des marches…et en haut, il y a des casiers avec en dessous des chaînes pour déposer les cabas ou les choses qui vont nous encombrer pendant qu’on fait les courses. On peut donc poser son manteau dans un casier et attacher son cabas en dessous pour ne les récupérer qu’une fois les courses terminées. Trop bizarre !
Comme on est 5 à l’appart’ et que du coup, on n’aime pas les mêmes choses, il a été décidé que chacun s’occuperait de ses affaires : on a chacun un étage dans le frigo ainsi que deux étagères dans les placards de la cuisine, pour mettre nos petites affaires. Donc on prend des paniers et on commence notre petit tour : sur les conseils d’Antonio, on se sert majoritairement dans la marque du magasin « Deliplus » (l’équivalent de notre « Marque Repère »). Premier choc : leur rayon fromage est tout petit ! Ils ont quasiment rien ! Pareil pour le Nutella : les pots sont tous petits et il doit y en avoir à peine une vingtaine ! Hallucinant !
En ce qui concerne le lait, ils n’ont pas les mêmes couleurs que nous… Ou plutôt si, mais elles ne correspondent pas au même type de lait : j’avais pris un pack bleu, pensant que c’était du demi écrémé, mais c’était en fait du lait écrémé. Le lait demi écrémé est vert. Enfin bref, on a quand même fini par remplir nos paniers et on s’est dirigés vers la caisse pour payer. Et là, autre surprise : pour tout paiement par carte bancaire en Espagne, il faut sortir une pièce d’identité. Et on ne tape pas son code : ils passent notre carte dans la fente et on n’a plus qu’à signer sur une espèce de tablette électronique.
Ensuite, retour à l’appart’ pour poser nos emplettes et en route pour la fac de médecine (pas le temps de manger donc on emporte des gâteaux).
Le hall d’entrée est blindé d’étudiants qui visiblement sont en Erasmus puisqu’il n’y a pas un seul groupe qui utilise l’espagnol : anglais, allemand, portugais, italien. Donc on se pose en plein milieu et on attend. Juste à côté de nous, trois filles sont en train de discuter : « Les filles, je crois qu’on est les seules Françaises !
- Non, nous aussi, on est Françaises. »
Elles viennent toutes les trois de Montpellier et sont aussi en LEA. Puis je reçois (enfin) un SMS de Carole qui me dit qu’elle est devant la salle. On se faufile donc parmi le troupeau d’étudiants. On s’est mises à raconter ce qui nous était respectivement arrivé ces derniers temps. Une étudiante allemande assise à côté de Carole (et avec qui elle avait sympathisé) nous regardait d’un air ultra concentrée en essayant de comprendre ce qu’on disait, mais on parlait trop vite pour elle.
Puis le troupeau d’étudiants se met à avancer et à entrer dans la salle en passant par une espèce de bureau où on a récupéré plein de papiers et un sac (biodégradable) en plastique comme ceux de Lyon 2 (mais bleu et noir, celui-là). On trouve des places dans l’amphi, on s’installe et la réunion commence (à plus de midi au lieu des 11h30 prévues initialement). La première intervenante est la responsable de la DRI et nous fait une version bilingue anglais-espagnol de tout ce qu’elle dit. Mais les suivants…c’est pas automatique (comme les antibotiques), certains viennent à deux : un qui parle espagnol et l’autre anglais, d’autres viennent tous seuls et parlent seulement espagnol. Quand est arrivé le moment des associations étudiantes, ça a été la cata. Un gars est monté à la tribune pour parler et en 5 minutes c’était fini. Il nous avait tout dit ! Il parlait à une vitesse hallucinante !
La réunion fut longue…très longue…TROP longue.
En sortant, comme on était toutes les trois en train de mourir de faim, Mélanie et moi avons invité Carole à venir manger chez nous. Menu du jour : pâtes à l’eau. On est des étudiantes, que diable ! Et c’est une fois qu’elles ont été cuites qu’on s’est aperçues qu’on n’avait pas de passoire… On a fait ça à l’ancienne avec le couvercle mais c’est pas le top.
Ensuite, Carole nous a emmenées voir son appart’, de l’autre côté de la fac de trad. Et un peu plus tard, on est redescendues pour aller chez un Chinois. Il faut savoir qu’en Espagne, les Chinois sont réputés pour vendre plein de trucs pas chers. Il y en a des grands et des petits, et quand on entre c’est un peu comme quand on va à Bimba, en France. C’est le bordel et il faut chercher si on veut trouver quelque chose. Mais l’avantage, c’est que c’est VRAIMENT pas cher et qu’on trouve à peu près tout là-bas. Par exemple, j’ai acheté un flacon de vernis à ongles de 16 mL pour 0,75 € (alors que chez Yves Rocher, il faut compter 3 € pour 3mL !), un mug à 3 €, des punaises pour 0,60 €, une passoire pour 0,60 €, etc. Bref, ça vaut vraiment le coup !
Ensuite, petit tour à la papeterie pour acheter des feuilles (ben oui, c’est plus pratique pour écrire les cours). Sauf que ce qu’on ne savait pas, c’est que les Espagnols n’ont pas Soit c’est des petits carreaux comme les nôtres. Soit c’est des petits carreaux, soit c’est des feuilles bizarres avec les lignes regroupées deux par deux… Donc je me suis rabattue sur les petits carreaux mais bon, c’est pas ce que je préfère.
Dans la soirée, j’ai pris mal au crâne (ô joie) alors que Vicky venait d’arriver et qu’elle voulait aller manger des tapas. Donc je suis restée toute seule à l’appart’ (et j’ai pu écrire l’article précédent).
Voilà pour ma toute première journée à Grenade.
***
Aujourd’hui, nouvelle réunion, mais à la faculté de traduction et d’interprétation, cette fois. On s’attendait à ce qu’elle dure aussi longtemps que celle de la veille mais en fait, en à peine une demi-heure, c’était fini ! Carole, Mélanie et moi, on est sorties dans la cour intérieure (avec la fontaine et les palmiers) pour prendre un peu le soleil (et des photos, accessoirement) et puis on est rentrées chez nous…pour nous retrouver aux alentours de 17h-17h30 pour aller manger « un chocolate con churros ». Quand on a dit ça à Antonio, il a explosé de rire, nous a regardé comme si on venait de dire une énormité et nous a prévenues qu’on risquait de ne pas en trouver parce que normalement, c’est pour le petit déjeuner.
On a retrouvé Carole en bas de chez elle et on est parties à la recherche d’un café susceptible de vendre des churros à cette heure de la journée. Finalement, en observant les gens en terrasse, on en a trouvé un. On a commandé deux « chocolates suizos » (nous on les appelle des chocolats viennois, et pas suisses, mais c’est la même chose : avec la crème chantilly sur le dessus. Miam !) et deux portions de churros pour trois. Verdict : les churros sont hyper super ultra méga gras et leur chocolat chaud est vachement épais, mais qu’est-ce que c’est bon !
Après ça, on est rentrées chez nous…et je suis ressortie presque tout de suite (le temps de faire le plein de musique sur mon iPod) pour retrouver Carole (oui, oui, encore) parce qu’il y avait un spectacle de magie organisé au Centre des Langues Modernes, pour accueillir les étudiants Erasmus. Mélanie était claquée (et sortait le soir) donc elle est restée à l’appart’ avec Antonio.
On a tourné un petit moment avant de tomber (enfin) sur la place à côté du centre, mais on a trouvé (*proud*). Et l’avantage, c’est qu’on est passées par des petites rues très sympas, ce qui nous a permis de remarquer ceci :
De loin, on a cru que c'était un Starbucks !
Le spectacle était pas mal, et le gars assez marrant. Le Centre de Langues Modernes est super beau et on a été bluffées de voir une femme de ménage cirer les rampes et les rambardes en bois… On est quasi sûres qu’elle le fait tous les soirs !
En sortant du spectacle, on est descendues jusqu’à la Plaza Isabel la Católica : de nuit, c’est magnifique. Et ensuite, on a pris des petites ruelles toutes éclairées, avec plein de magasins, on est passées devant la Cathédrale et on est retombées (sans avoir regardé où on allait) pas loin de chez Carole.
Et voilà notre petite journée achevée !